Parce que c’est une histoire qui commence bien (ou pas)

Premier point de comparaison avec mes exs : Noël, c’est une histoire qui commence bien. 

Ça n’est d’ailleurs pas pour rien que bon nombre de comédies romantiques se passent pendant cette période : Noël ressemble, dans l’imaginaire collectif, à une espèce de honeymoon phase shootée à la dopamine. Un peu comme les débuts de relation, dans le fond. Ça envoie de la paillette, de la pomme d’amour, de la féérie à gogo. Ça fait rêver et tourner la tête façon boule disco. 

Et à tout bien y réfléchir, il y a, dans le concept du calendrier de l’avent, un truc qui me fait penser à « l’attente du prochain texto » : la pression-passion monte chaque jour un peu plus pour atteindre son tant espéré climax (le jour J aka le date avec le Père Noël). 

Le rapport avec mes exs ? Tout simplement qu’au début, c’était bien. Genre divin. Avant qu’on s’enguirlande fort façon sapin.



Parce que j’y ai (tellement) cru que parfois j’y crois encore

Deuxième point de comparaison avec mon passé romantico-sexuel : j’y ai cru, bordel. 

Comme la plupart des gosses, j’ai eu ma phase où ça me faisait clairement rêver… Jusqu’à ce que je me rende compte que mes repas de famille ressemblaient clairement à une diffusion de Malaise TV, ou encore que je me mette à taffer dans les grands magasins qui turbinent à cette période de l’année. 

J’en ai emballé des cadeaux pour des gens pressés. J’en ai bouffé de la playlist sponso Mariah Carey toute la semaine et toute la journée. Je les ai bien vues, les coulisses du Noël capitaliste qui pousse les gens à consommer et à sur-consommer. Et bien sûr que ça m’a dégoûtée. Mais pour une raison qui m’échappe, une partie de moi ne peut pas s’empêcher de s’émerveiller rien qu’encore un peu devant tous ces machins brillants et ces décos kitsch à souhait. Bref : comme avec mes exs, je sais qu’il y a un truc qui cloche mais je ne peux pas m’empêcher d’y retourner.



Parce que c’est un piège dans lequel je tombe à chaque fois

Ce qui m’amène à mon troisième point : Noël, comme un·e ex toxique, a le don de revenir chaque année (ou plus souvent, ça dépend - vous-même vous savez). Et à chaque fois, c’est pareil : je le vois venir, ce fckn Noël ou ce fckn texto qui propose un café. Et je sais que ça va être claqué au sol… Mais je ne peux pas m’empêcher d’y foncer tête baissée. 

Donc oui, je suis en train de comparer le réveillon de Noël à un date ou à un coït occasionnel avec un·e ancien·ne partenaire. 

Et tant que j’y suis dans mes comparaisons perchées, peut-être même que je pourrais comparer les décos du sapin  - guirlandes, étoiles et lumières clignotantes - à de la lingerie haute couture. Et vous dire qu’une fin de relation ressemble un peu à un sapin déglingué sur un trottoir un 26 janvier : la fête est finie, les masques sont tombés. Ramassez les poubelles SVP. 



Parce que ça met en lumière tous mes fckn paradoxes

En résumé : je flotte en pleine dissonance cognitive. 

Parce qu’une partie de moi (sans doute la plus sage) sait qu’il n’y a rien à tirer de cet événement - que ce soit Noël ou un coup vite fait avec quelqu’un·e qu’on a aimé·e. Parce qu’une partie de moi sait que les éventuels cadeaux que je recevrai seront aussi décevants que le silence post « baise en souvenir du bon vieux temps ». 

Parce qu’une partie de moi n’est pas d’accord avec ce qu’est Noël politiquement (poke la récup’ capitaliste), ou avec ce qu’est le fait de retomber dans les bras d’un·e ex toxique (poke le déficit d’estime de soi). 

En plus, je ne peux pas m’empêcher de penser que le Père Noël est un avatar du patriarcat et que la Mère Noël (dont on n’entend jamais parler) doit sûrement se taper tout le taf en coulisses (un peu comme moi et toutes les bi·es / hétéras). 

Last but not least, j’ai beau ressentir une hâte à célébrer cette fête, je me retrouve toujours à douiller sévère une fois le moment arrivé - parce que passer trois (ou plus) jours à bouffer quand on est anorexique-boulimique, bah, comment vous dire… C’est clairement pas la panacée.



Parce que Noël et mes relations sont à réinventer 

Si vous m’avez suivie jusqu’ici, vous aurez compris que le mois de décembre, tout comme certaines de mes relations affectives, a le don de me filer une bonne grosse migraine. 

Raison pour laquelle j’ai bien envie de réfléchir à deux-trois pistes pour réinventer l’affaire. 

En ce qui concerne Noël, j’ai opté, comme pas mal de personnes qui m’entourent, pour le remplacer par Yule - une fête païenne qui tombe au moment du solstice d’hiver et qui me permet de kiffer la bûche sans avoir l’impression de renier mes idéaux politiques. 

Idem pour mes exs : je tente de faire des compromis qui me permettent de comprendre pourquoi je retourne vers elleux alors que je sais que ça me nuit - ce qui revient tout simplement à dater des personnes qui me font vraiment du bien, qu’on soit le 24 décembre ou le 18 juillet. 

Évidemment que ce n’est pas gagné. Alors donnez-moi encore un an et je vous dirai : si j’ai craqué et acheté un sapin chez Franprix avant d’aller faire un tour chez un·e ex en porte-jarretelles-couleur-Mère-Noël. En attendant, je vous laisse avec Mariah Carey. Bah ouais
 

Sarah