Concrètement, c’est quoi le variant delta ?

 

Les virus, de manière générale, évoluent très vite, ce qui veut dire qu’ils peuvent accumuler un paquet de mutations. C’est un processus normal et bien connu des scientifiques. Dans le cas du variant delta, les mutations lui donnent une capacité de transmission plus importante. Quelqu’un atteint de la forme standard du SARS-COV-2 pouvait la transmettre à 2 personnes… et quelqu’un atteint du variant delta peut la transmettre à au moins 4 personnes. Il existe d’autres variants (alpha, beta, gamma… en espérant qu’on n’atteigne pas la dernière lettre de l’alphabet grecque dans un future proche) dont la distribution est étroitement surveillée par les services de santé. L’inquiétude, c’est que le variant delta pourrait aussi causer des formes plus sévères de la maladie chez les personnes non vaccinées. Il est aussi important de noter que si les personnes vaccinées peuvent transmettre le variant delta, elles le font sur une période plus courte que les personnes non-vaccinées.

 

 

Va-t-on devoir faire face à une 4ème vague à la rentrée ?

 

Les grands journaux parlent en effet d’une 4ème vague, mais pour certains scientifiques, on serait déjà à la 6ème ou 7ème vague. En tout cas, les cas positifs sont en train d’augmenter. Le 24 août, on comptait 24 850 cas alors qu’il y a 2 mois on en comptait seulement 200 par jour. Néanmoins, il y a d’autres chiffres à garder en tête. On atteint aujourd’hui des chiffres sans précédent dans le nombre de tests effectués (presque 800 000 par semaine). Donc même si le nombre de cas positifs augmente, le pourcentage de cas positifs (c’est à dire proportionnellement au nombre de personnes testées) est relativement constant : de 3.4 % aujourd’hui, il était de 7% en avril dernier. Autre chiffre encourageant : le nombre d’hospitalisations. En avril dernier, 30 000 personnes étaient hospitalisées contre 10 000 au mois d'août. Pour conclure : oui, on peut parler de nouvelle vague et ça ne sera certainement pas la dernière. Mais il y a définitivement du mieux, en métropole en tout cas. Bien sûr, c’est une situation en constante évolution donc il faut rester sur nos gardes et continuer d’appliquer les gestes barrières.


Est-ce que se faire vacciner est vraiment utile si on peut attraper le Covid tout en étant vacciné·e ?

 

Oui, oui, et OUI ! Prenons l’exemple du vaccin Pfizer. D’après les dernières données disponibles, il est efficace à 80% sur la prévention des cas symptomatiques, dès la première semaine et jusqu’à 6 mois après la vaccination (6 mois étant le recul qu’on a aujourd’hui, il est probable que la protection dure bien plus longtemps). Pour comparaison, l’efficacité du vaccin contre la tuberculose varie entre 75% et 85%. Mais surtout, le vaccin évite au moins 97% des cas graves et donc des décès. Avec l’apparition du variant delta, le vaccin est d’autant plus important pour protéger des formes graves de la maladie. Finalement, le vaccin sert aussi à réduire la charge virale et donc le risque de transmettre le virus mais aussi à raccourcir le temps de transmission.

 

 

Est-ce qu’une troisième dose de vaccin sera nécessaire à la rentrée ?

 

C’est peu probable, ou en tout cas pas immédiatement. La question est néanmoins à l’étude et l’idée serait d’administrer une troisième dose 8 mois après la seconde dose des vaccins Pfizer ou Moderna. Mais il faudra d’abord que la FDA (Food and Drug Administration) américaine l’autorise et que le CDC (Center for Disease Control and Prevention) le recommande. Les deux institutions sont en ce moment même en train de procéder à des recherches pour connaître l’efficacité et les effets sur la santé d’une troisième dose.

 

 

Est-ce que le vaccin dérègle vraiment le cycle menstruel ?

 

Il n’y a pour le moment aucune preuve scientifique que les vaccins contre le Covid modifient le cycle menstruel. Néanmoins, à la suite d’un tweet d’une chercheuse américaine, des centaines de femmes ont rapporté des changements dans le flux ou la régularité de leurs règles après la vaccination. Ce qu’il faut garder en tête, c’est qu’il y a beaucoup de facteurs qui influencent les menstruations (le stress, la nutrition…) et il est bien connu que le système immunitaire et le cycle hormonal interagissent. Le cycle menstruel peut faire varier le nombre de globules blancs dans le sang par exemple. A l’inverse, une infection comme la tuberculose peut perturber le fonctionnement des ovaires et donc impliquer des changements dans le cycle menstruel (en revanche, les études disponibles aujourd’hui ont démontré que le COVID-19 n’a pas ce genre d’impact et n’affecte pas la fertilité). Quoiqu’il en soit, il semble que la plupart des changements rapportés seraient de courte durée et seraient donc à considérer plutôt comme un effet secondaire méconnu que comme une source d’inquiétude à long terme.


C'est quoi l'histoire des vaccins à ARN messager ?

 

Le concept des vaccins à ARN messager (ARNm) date de 1990. Ce type de vaccin a plusieurs avantages. D’abord, il est plus sûr car il est non-infectieux, il est efficace en induisant des réponses immunitaires fortes, et enfin sa production est bon-marché, rapide et peut se faire à grande échelle. Des essais cliniques ont été réalisés pour tester les vaccins à ARNm contre le VIH, le virus Zika, la grippe et la rage au cours des dernières années et certains sont toujours en cours. La grande majorité se sont avérés efficaces à différents degrés, et surtout sans effets secondaires notables. Ils ont aussi été étudiés pour leur efficacité contre le cancer. Ce que je veux faire comprendre c’est que ces vaccins n’ont pas été découverts pendant l’épidémie de COVID, de nombreuses industries pharmaceutiques développaient déjà des vaccins basés sur cette technique. Sa flexibilité et sa facilité de production expliquent probablement le succès des vaccins Pfizer et Moderna pour répondre à la crise sanitaire actuelle.

 

 

Bon, on va s'en sortir ou est-ce qu'on va devoir vivre avec le Covid pour toujours ?

 

Sans boule de cristal, difficile de le savoir. Il est possible que la vaccination finisse par limiter suffisamment la transmission... Mais, à l’heure actuelle, je dirais qu’il est plus probable que le Covid suive une évolution similaire à celle de la grippe saisonnière. Et cela pour deux raisons. La première étant que le SARS-COV-2 évolue constamment et que de nouveaux variants peuvent apparaître. Certains de ces variants pourraient éventuellement échapper à la protection immunitaire conférée par le vaccin ou par des infections précédentes. La deuxième raison est qu’on ne sait encore pas combien de temps cette immunité perdure. La plupart des autres coronavirus, responsables du rhume par exemple, induisent une immunité qui dure seulement un an. Il est donc possible que des vaccins de seconde génération soient nécessaires à plus long terme si (le si est important) des variants résistants à la formulation actuelle apparaissent. Finalement, le parallèle avec la pandémie de grippe espagnole en 1918, dont le profil épidémique (nombre de cas au cours du temps) est assez similaire à la pandémie actuelle, me laisse penser que le virus va continuer à circuler dans la population mais finira par le faire avec des taux de transmission beaucoup plus faibles.


Je me suis faite vacciner enceinte, mon bébé l'est-il aussi ?

 

Les vaccins ont récemment été recommandés pour les femmes enceintes. Rappelons d'abord qu'aucun des vaccins actuels ne contient le virus vivant, donc il n'y a pas de risque de tomber malade du Covid suite à la vaccination. Les données disponibles sur Pfizer et Moderna n’ont montré aucun problème de santé chez les femmes enceintes vaccinées ou leur bébés. De plus, les femmes vaccinées avant la 20ème semaine de leur grossesse n’ont pas plus de risques de fausses couches. Par contre, les vaccins réduisent ici aussi le risque d’infection et les anticorps produits par la mère ont été retrouvés dans la circulation sanguine du cordon ombilical. De la même manière, les mères vaccinées peuvent aussi transmettre des anticorps anti-COVID en allaitant leur bébés car ils ont été retrouvés dans le lait maternel. Ce qui suggère que la vaccination des femmes enceintes ou allaitantes pourrait protéger les enfants à naître ou nourrissons, mais il est encore un peu tôt pour en être certain.

 

 

Les jeunes contractent moins le virus, quelle importance pour elleux de se faire vacciner ?

 

Le CDC recommande le vaccin Pfizer pour toutes les personnes au dessus de 12 ans mais il est vrai que les enfants sont moins infectés que les adultes par le Covid. Alors pourquoi vacciner les jeunes ? Si les enfants sont infectés, ils peuvent être malades et transmettre le virus notamment à des personnes immunosupprimées ou qui ne peuvent pas recevoir le vaccin pour des raisons médicales. Si nous voulons un jour avoir un retour à la normale, il est critique d’atteindre une immunité de masse et donc de tous participer à l'effort vaccinal.

 

 

 

Sources

https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/variants/delta-variant.html

https://covid19.who.int/

https://www.yalemedicine.org/news/covid-19-vaccine-comparison

https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/vaccines/booster-shot.html

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7522626/

https://www.nature.com/articles/d41586-019-03642-w

https://www.nature.com/articles/nrd.2017.243

https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/vaccines/recommendations/pregnancy.html

https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/vaccines/recommendations/adolescents.html