Leçon n°1 : on est trop bête pour savoir ce qu’on veut

De la même façon que notre reum et son traditionnel “Cette personne n’est pas bonne pour toi”, les rom-com sapent complètement la légitimité de nos propres désirs. Dans le film Bébé, mode d’emploi, Katherine Heigel subit un rendez-vous arrangé catastrophique : le mec est complètement en décalage avec ce qu’elle recherche et organise carrément un sexe date en after sous son nez.

Logiquement, le film s’arrête là, ou elle rencontre une personne qui lui correspond vraiment. Mais non ! Parce qu’en fait, elle s’était naïvement trompé sur les qualités qu’elle appréciait chez un partenaire potentiel (cette idiote) et tombe finalement amoureuse du blaireau du début. Lol.

Même idée dans Un plan presque parfait ou Quand Harry rencontre Sally. Conclusion : on intègre inconsciemment que la meilleure idée pour trouver l’amour est de renier nos envies et d’aller vers tout ce qu’on déteste. Pas bravo.


LECON N°2 : LE HARCÈLEMENT, C'EST ROMANTIQUE 


Les comédies romantiques valident et idéalisent les comportements déviants de façon si récurrente que le site TV Tropes (wikipédia de la fiction) a dédié tout un dossier au problème. On pourrait citer l’exemple de Love Manager ou Mary à tout prix. Dans ce dernier, le personnage principal engage un détective privé pour retrouver et surveiller son crush de lycée #stalkingextreme avant d’organiser des retrouvailles complètement bidons. Résultat : Mary lui tombe dans les bras. Comme la jalousie avant lui, le comportement obsessionnel est devenu une preuve d’amour irrésistible.

La professeure Julia R. Lippman de l’université du Michigan a d’ailleurs prouvé que ce type de rom-com poussent les femmes à accepter davantage les comportements creepy dans un contexte amoureux. Traduction : s’il me harcèle, il m’aime beaucoup, s’il me séquestre, passionnément, s’il m’agresse, à la folie. Du génie.

 

Leçon n°3 : vous êtes celle qui le changera

Ah ! Le mythe de l’individu transformé par l’amour... Depuis toujours, les romances nous donnent envie d’être l’élue, celle qui transformera la Bête en Prince Charmant (ça vous rappelle un truc ?). Exemple : dans L’abominable vérité, le serial dragueur (pour rester polie) se rend compte que la vérité est en fait dans la monogamie et change du tout au tour par amour. Bingo.

Sauf que non, pas bingo du tout en fait. Parce que ce scénario alimente l’idée selon laquelle la femme doit constamment tout (ré)apprendre à l’homme, des tâches ménagères au respect de l’autre. Sans parler du mode d’emploi de l’homme idéal hyper biaisé : trouver le pire mec possible (ça commence bien), susciter une révélation type miracle chez le dit mec, l'épouser.

Mais les gens ne changent pas aussi facilement... Mieux vaut choisir quelqu’un qui nous convient dès le début non ? Quelqu’un qui nous plaît vraiment, sans fantasmes irréalistes ni phase de creepy drague. Quelqu’un avec qui on se goinfrera de pop-corn devant des rom-com inclusives, émouvantes et sans clichés, comme les géniales Someone Great, To all the boys I've loved ou A tois on y va.