#1 Pleasure de Ninja Thyberg (2021)

Bella, une suédoise de 20 ans, débarque à Los Angeles pour vivre son rêve américain : devenir la prochaine grande star du porno. Son ambition la pousse à accepter des tournages de plus en plus hard. Et si elle parvient à gravir les échelons rapidement, c’est parfois au détriment de sa santé physique et mentale. En plus de nous montrer les backstages de la scène porno actuelle, Pleasure questionne notre rapport à celle-ci. Que nous soyons acteur·ice ou spectateur·ice de porno, le film nous pousse dans nos retranchements. Les jeux de pouvoirs et autres humiliations à l’écran sont autant de rappels que cette industrie est toxique, surtout pour les femmes, et qu’elle peut et doit beaucoup mieux faire.
 

#2 PVT Chat de Ben Hozie (2020)

Pour son premier film, Ben Hozie semble avoir été influencé par le cinéma des frères Safdie (Uncut Gems, Good Time) tant dans l’atmosphère glauque et crasse que dans le casting (coucou Julia Fox). Le film suit le personnage de Jack, un raté new-yorkais qui claque le peu d’argent qu’il possède sur des sites de jeux en ligne et de sexcam. Développant une obsession pour Scarlet, une camgirl dominatrice qu’il croit apercevoir dans les rues de New-York, il part à la recherche de son fantasme IRL. Une illustration franche et pas toujours reluisante de la solitude contemporaine.
 

#3 The Sessions de Ben Lewin (2012)

Basé sur des faits réels, The Sessions raconte l’histoire de Mark O'Brien, journaliste et poète en situation de handicap qui fait appel à une assistante sexuelle. Atteint de la polio depuis son enfance, Mark dépend d’un poumon d’acier pour respirer, qu’il ne peut quitter que quelques heures par jour. Quand il se met à enquêter sur les pratiques sexuelles des personnes en situation de handicap pour le journal avec lequel il travaille, il réalise qu’il est passé complètement à côté de sa sexualité. S'ensuit une rencontre avec une thérapeute puis une assistante sexuelle (avec l’accord de son prêtre - ouf) qui vont l’accompagner dans la découverte de ses désirs et de sa sexualité.
 

#4 Zola de Janicza Bravo (2021)

Inspiré d’un thread Twitter viral, le film débute sur la rencontre entre deux jeunes femmes stripteaseuses. Zola accepte l’invitation de Jessica pour aller danser en Floride, mais alors qu’elle pensait faire de l’argent rapidement et rentrer chez elle, rien ne se passe comme prévu. Elle se retrouve dans un mess sans nom, entre coups de feu et prostitution. Si côté esthétique, on retrouve l’influence de Sean Baker (The Florida Project) ou Harmony Korine (Spring Breakers), cette comédie noire, narrée par Zola et ponctuée par le son des notifications, ne ressemble à aucune autre.
 

#5 Au coeur du bois de Claus Drexel (2021)

En réponse au voyeurisme des reportages sur les travailleurs·ses du sexe, le documentariste Claus Drexel est parti à la rencontre de celleux qui exercent le plus vieux métier du monde, au Bois de Boulogne. Ce documentaire, qui prend la forme d’un conte, laisse la parole à Samantha, Isidro, Geneviève et les autres. À visage découvert pour la plupart, iels nous invite à les écouter parler de leur métier, à travers des récits touchants et honnêtes. Après tout, quoi de mieux que de laisser la parole aux concerné·ées ?



Justine Sebbag