Du 10 au 12 juin 2021, c'est la #fetelamour lancée par l'association AIDES : 48 heures pour se mobiliser, s'informer et partager des infos sur la santé sexuelle ; mais aussi (et surtout) pour collecter des fonds pour lutter contre le sida. Petit ou moyen budget, tous vos dons sont déductibles fiscalement et permettront à l’asso de déployer et d’intensifier ses actions tout au long de l’année. Par ici pour filer la moulaga et pour en savoir plus <3.
 

#1 : On ne dit plus MST mais IST : VRAI

 

Petit point sémantique avant de rentrer dans le vif du sujet : les Infections Sexuellement Transmissibles (ou IST) et les Maladies Sexuellement Transmissibles (ou MST), c’est en fait la même chose.

 

Auparavant appelées “maladies vénériennes”, puis “MST”, on a finalement choisi de les rebaptiser IST dans la mesure où ce sont effectivement des infections (qui peuvent donner lieu à des maladies) et qui peuvent être transmises plus ou moins facilement au cours d’un rapport sexuel. Elles se divisent d’ailleurs en plusieurs catégories : les IST bactériennes, les IST virales et les parasites.


#2 : Les IST, c’est seulement le VIH ou le HPV : FAUX

 

Bon. Sans vouloir gâcher l’ambiance, les IST sont une grande famille de type pas trop fréquentable qui va bien au-delà du VIH ou du HPV (aka papillomavirus). Un petit point récap’ ?

 

8 IST comptent parmi les plus connues et les plus courantes :

° les chlamydioses (ou chlamydia trachomatis)

° l'infection par les papillomavirus humains (aka HPV)

° l'hépatite B, l'herpès génital

° la gonococcie ou infection à gonocoque (aka chaude-pisse)

° la syphilis

° les infections par des mycoplasmes et la trichomonase

° le VIH-sida (même si le VIH et le SIDA ne sont pas la même chose, attention !)

 

Ça, c’était pour les “stars” des IST, aka celles qui sont le plus souvent transmises et dont on entend le plus souvent parler. Mais il faut savoir qu’on répertorie aujourd’hui environ 30 IST différentes selon l’Organisation Mondiale de la Santé, et qui sont tout aussi relou (kikoo les morpions) voire graves.


#3 : Les IST sont un problème d’un autre temps : FAUX

 

Évidemment, les choses ont bien changé en un demi-siècle - des changements que l’on doit d’ailleurs beaucoup au travail de chercheur·euses, militant·es, et des politiques de santé publique mises en place dans le sillage de l’épidémie de VIH-sida. Aujourd’hui, on a très facilement accès aux capotes (en Occident, en tous cas), et des traitements médicamenteux préventifs comme la PreP ont été mis sur le marché. Bref : il existe des outils pour se protéger et se prémunir des Infections Sexuellement Transmissibles.

 

CECI DIT, les IST ont toujours autant le vent en poupe (hum), comme en témoignent ces chiffres de type assez éloquents fournis par l'Organisation Mondiale de la Santé :

 

° Chaque jour, plus d’un million de personnes contractent une IST

° Chaque année, 357 millions de personnes contractent l’une des quatre IST suivantes : chlamydiose, gonorrhée, syphilis ou trichomonase.

° Plus de 500 millions de personnes sont atteintes du virus responsable de l’herpès génital

° Plus de 290 millions de femmes souffrent d’une infection à papillomavirus humain

° Les infections comme l’herpès génital et la syphilis augmentent le risque de contracter le VIH.

 

BREF, vous voyez le topo, on n’est pas encore sorti·es de l’auberge. D’ailleurs, selon les données fournies par Santé Publique France, en 2017, le nombre de cas de chlamydia était en hausse de 15% depuis 2015 (!), et plus particulièrement chez les hommes (+29%) que chez les femmes (+9%). Sachant que la tranche d’âge des 15-24 ans est souvent la plus touchée… Bref : nous sommes tou·te·s concerné·es.


#4 : Si j’ai une IST, je le saurai grâce aux symptômes : FAUX

 

Ce serait presque commode de se dire qu’après un rapport sexuel à risques, on aurait rapido l’opportunité de savoir si on a chopé un truc simplement en faisant gaffe à l’apparition de symptômes. Mais que du tout (#oups). En fait, et pour citer à nouveau l’OMS : « Dans la majorité des cas, les infections sexuellement transmissibles sont asymptomatiques ou s’accompagnent de symptômes bénins qui ne sont pas reconnus comme ceux d’une IST. »

 

En d’autres mots, et même si vous n’avez pas de symptômes, retenez bien ceci : faire des dépistages réguliers est extrêmement important, ainsi qu’un frottis tous les 3 ans en moyenne chez le gynécologue. De même pour celleux qui ont été vacciné·es contre le papillomavirus : sachez que ce vaccin ne protège pas contre tous les virus qui peuvent provoquer un cancer du col de l’utérus.

 

En plus, certaines des IST les plus courantes sont fourbes : la chlamydia est bien souvent asymptomatique, mais elle peut provoquer sur le long terme une atteinte chronique des trompes qui peut mener à la stérilité. En bref : ce n’est pas parce qu’on ne voit rien qu’il n’y a rien, et encore moins que ce n’est pas grave.

 

Ceci dit, et pour mieux vous aider à vous repérer, voici une petite liste des symptômes les plus courants qui doivent vous alerter :

° des lésions sur les organes génitaux

° un écoulement (vaginal ou urétral)

° des douleurs dans le bas ventre

° une sensation de brûlure en urinant

° des douleurs ou des saignements lors des relations sexuelles

° des saignements en dehors des règles

° des testicules douloureux

° des urines qui contiennent du pus

° un anus ou un rectum douloureux ou par lequel s’écoule du pus ou du sang.

 

Partant de là, évidemment, si vous avez des symptômes, la chose est plutôt claire : l’idéal est de prendre RDV chez votre généraliste ou gynéco le plus rapidement possible pour vous faire prescrire les tests en laboratoire et un traitement adapté si l’infection est avérée.

 

Notez bien par ailleurs que la régression ou disparition de ces symptômes sans traitement n’est pas (forcément) le signe d’une guérison de l’infection : vous pouvez tout à fait devenir un·e porteur·euse asymptomatique (et donc transmettre une IST sans le savoir à votre/vos partenaire·s), ou bien vous exposer à une récidive de l’infection (... donc autant la traiter tout de suite pour s’éviter un épisode 2).


#5 : Si j’ai eu un rapport sexuel à risques, je peux aller me faire dépister direct : FAUX

 

C’est MÉGA important de le rappeler : il existe ce que l’on appelle des “périodes fenêtres”, aka la période de temps qui doit s’écouler entre un rapport sexuel et la possibilité du dépistage d’une IST. En d’autres mots : inutile de courir vous faire dépister 24 heures après un rapport pour vous rassurer (même si on vous comprend), car le résultat fourni ne serait pas fiable (sauf en cas de contamination antérieure, obvi).

 

Voici les périodes fenêtres recommandées pour chacune des IST les plus fréquentes :

° VIH : 6 semaines

° Chlamydia : 1 à 2 semaines

° Gonorrhée : 7 jours

° Hépatites : 2 à 4 semaines

° Syphilis : 3 à 4 semaines

° Herpès : 3 mois

 

Bon à savoir ceci dit : si vous avez eu un rapport non protégé avec une personne touchée par le VIH ou qui ne connaît pas son statut sérologique (ou en cas de rupture de préservatif), il est possible de suivre un traitement d'urgence (TPE : Traitement Post Exposition) pour réduire le risque de contamination. Le traitement doit être commencé le plus tôt possible après l’exposition au risque, dans l’idéal dans les 4 heures qui suivent, et au plus tard dans les 48 heures.

 

Évidemment, dans cet intervalle, comme vous n’avez pas la possibilité de savoir si vous avez été infecté·e, il est hautement recommandé de se protéger à chacun des rapports. Because loving is caring <3. 👇


#6 : Si j’ai une IST, je dois prévenir mon/mes partenaire·s : VRAI

 

Eh oui, c’est le moment relou-relou et vraiment pas agréable quand un dépistage revient positif à une ou plusieurs IST : il faut ABSOLUMENT contacter (autant que faire se peut) son ou ses partenaires sexuel·les pour les prévenir et qu’iels puissent se traiter à leur tour. Il est possible de le faire avec un message tout simple, type : “Salut, je ne sais pas si c’est toi qui me l’a refilée ou si je l’avais avant, mais je viens de me faire dépister et il s’avère que j’ai une IST.” Simple, basique.

 

Et pour celleux qui auraient du mal à sauter le pas / qui ne voudraient pas entrer à nouveau en contact avec un·e-ex·e partenaire, il existe des alternatives : comme la plateforme le Spot Longchamp de Aides (disponible en physique à Paris et Marseille), qui vous propose de remplir un petit document qui enverra un SMS anonymisé à vos partenaires pour les prévenir qu’iels ont peut-être été infecté·es et les rediriger vers un centre de dépistage.

 

Pourquoi c’est important ? Parce que se débarrasser d’une IST n’est possible qu’à partir du moment où tous les partenaires font la démarche de prendre le traitement adapté. Et même une fois le traitement terminé, il vaut mieux refaire un test (prescrit par votre médecin) pour vérifier que tout est réglé. Ce qui évite en plus de créer une nouvelle vague d’infections avec les futur·es partenaires de chacun·e.

 

Et avis aux éventuels mecs cis-het qui nous lisent : par pitié, stop attendre que vos partenaires se fassent dépister pour savoir si il y a un problème. Le sexe, c’est du plaisir pour tout le monde alors c’est tout de même mieux de porter la charge sexuelle à plusieurs : acheter les capotes ensemble, le lubrifiant aussi, discuter contraception, et faire régulièrement des dépistages chacun·e de son côté est extrêmement important pour rééquilibrer la balance. À bon entendeurs, merci.


#7 : Les IST c’est risqué, mais seulement lors de la pénétration vaginale ou anale : FAUX

 

Nope : ce que l’on a coutume d’appeler (à tort) les préliminaires n’est absolument pas sans risque pour la transmission des Infections Sexuellement Transmissibles. Traduction : les rapports buccaux-génitaux (fellation, cunnilingus ou anulingus) non-protégés sont des rapports à risque (tout particulièrement pour la gonorrhée, l’herpès génital et la syphilis). Idem pour les rapports ou l’on partage ses sex-toys (!). Seule solution pour s’en prémunir : des fellations avec capotes pour les pénis, et l’utilisation d’une digue dentaire pour les vulves et les anus. L’occasion de se choisir des capotes ou digue dentaire goût fruits rouges ou chocolat pour joindre l’utile à l’agréable (et parce qu’après tout pourquoi pas). Côté sex-toys, on nettoie bien au savon doux et à l’eau après chaque utilisation, et on utilise une capote si on change de partenaire ou d’orifice (toutes nos recommandations par ici).

 

Last but not least, une IST comme le HPV (ou papillomavirus) peut se transmettre de peau à peau, même sans qu’il y ait de rapport sexuel, et idem pour les morpions. En d’autres mots : se protéger en tout temps est essentiel et il n’existe pas de risque zéro. Mais quelques “digues” protectrices peuvent être mises en place pour réduire les risques : dépistage régulier, frottis vaginal, frottis urétral, utilisation de préservatifs externes ou internes aussi bien pour la pénétration vaginale qu’anale, et de lubrifiant pour limiter les risques d’irritations et de lésions internes...). 👇


#8 : Le dépistage concerne tout le monde : VRAI

 

Hétéro, bi, lesbienne, gay, ou pan : le dépistage nous concerne tou·tes, quelle que soit notre orientation sexuelle. Notre genre. Notre âge. Ou même la fréquence de nos rapports.

 

Pour mieux se repérer, on vous met ici les recommandations partagées par le génial @drnaked sur Insta :

 

° Pour celleux qui ont plusieurs partenaires ou qui ont eu plusieurs partenaires dernièrement, il est recommandé de se faire dépister tous les 3 mois (VIH + check des IST)

 

° Pour tout le monde, qu’il y ait eu des rapports identifiés comme potentiellement risqués ou non : il est recommandé de faire un dépistage au moins une fois par an (et plus encore si rapport risqué il y a eu, mais attention aux délais : RDV au point #5).

 

° Enfin, notez bien que même si vous êtes dans une relation exclusive de longue date, le dépistage reste de mise : certaines IST peuvent en effet rester “dormantes” pendant longtemps avant de se réveiller, justement (which means qu’une IST qui fait soudainement son apparition dans le cadre d’une relation exclusive n’est pas forcément la marque d’une infidélité, eh ouais).


#9 : C’est super compliqué de se faire dépister : FAUX

 

Ça peut être impressionnant évidemment, mais il existe aujourd’hui plein de structures et d’outils qui peuvent vous accompagner facilement dans vos démarches :

 

° les CeGIDD (aka Centres gratuits d’information de dépistage et de diagnostic), vous informent, dépistent et accompagnent de manière anonyme et gratuite

 

° des associations engagées autour des problématiques de santé sexuelle et publique (certaines proposent des stands de dépistage sur les fêtes, les festivals, en centre-ville…)

 

° le planning familial peut vous renseigner, vous informer et vous accompagner

 

° votre médecin généraliste ou votre gynéco peuvent vous prescrire les tests à réaliser en laboratoire (condition sine qua non pour être remboursé·e)

 

° les laboratoires peuvent vous accueillir avec ou sans RDV pour un dépistage du VIH et des IST (mais attention, ça peut précisément être assez couteux si vous n’avez pas d’ordonnance)

° les sage-femmes sont désormais habilitées à prescrire des dépistages, ainsi que les traitements de ces infections à leurs patientes et à leurs partenaires
 

° enfin, les autotests disponibles en pharmacie, dans les CeGIDD et les assos permettent de détecter une infection au VIH en à peine 20 minutes (à réaliser 3 mois après le rapport à risque, pour rappel)

 

° Parisien·nes, vous pouvez facilement vous rendre au centre de santé le 190 qui vous accueille, vous informe, et vous propose un suivi de soins post-dépistage, le tout dans la bienveillance et le soutien le plus complet.

 

Enfin, si vous avez un doute / que vous avez peur / que c’est un moment difficile pour vous, sachez que c’est tout à fait normal : on vous recommande chaleureusement et dans la mesure du possible d’aller vous faire tester et/ou d’aller récupérer les résultats avec un·e amie / personne de confiance qui pourra vous épauler et vous soutenir.


#10 : Toutes les IST ne se soignent pas : VRAI

 

Plusieurs choses à savoir à ce sujet :

 

° La plupart des IST bactériennes (chlamydia, gono, syphilis) se soignent assez facilement avec des antibiotiques (mais attention à bien traiter tous les partenaires au risque de se réinfecter !).

 

° Il existe un vaccin pour l’hépatite B (qu’on fait en principe automatiquement) et pour le papillomavirus (à faire idéalement avant le début de la vie sexuelle)

 

° Des traitements antiviraux existent pour empêcher l’évolution du VIH (et aussi de l’herpès).

 

Au sujet du VIH-sida, qui est de loin la plus meurtrière des Infections Sexuellement Transmissibles à ce jour, il faut noter qu’il est tout à fait possible aujourd’hui de mener une vie normale en étant séropositif·ve. Les traitements antirétroviraux (ARV ou TASP) permettent en effet d'atteindre une charge virale dite "indétectable", ce qui veut dire que les personnes vivant avec le VIH sous traitement peuvent transmettre le virus, mais peuvent vivre longtemps et en bonne santé. D’ailleurs et comme on vous l’expliquait déjà dans notre récap’ sur le VIH et le sida : discriminer sexuellement les personnes séropositives est absurde (et c’est même plus safe d’avoir des rapports avec une personne séropo sous traitement et avec une charge virale indétectable qu’avec une personne qui n’est pas à jour sur son statut sérologique).


#11 : Il y a de bons trucs à faire pour se prémunir des IST : VRAI

 

Petite liste non-exhaustive de bonnes pratiques à mettre en place pour du cul safe et épanoui :

 

° Toujours faire pipi après le sexe (flemme ou pas, on y vaaaa)

° Ne JAMAIS faire de douches vaginales (explications par ici) qui fragilisent le microbiote et le rend plus vulnérable aux infections

° Toujours laver ses mains avant le sexe ou quand on change de mode de pénétration (on ne met pas ses doigts dans un vagin après les avoir mis dans un anus !)

° Toujours utiliser du lubrifiant pour la pénétration anale (sans quoi cela peut créer des lésions dans les muqueuses qui favorisent la transmission du VIH)

° Faire du sexe oral protégé chaque fois que nécessaire : capotes (pour les fellations) et digues dentaires (pour cunnis et annulingus)

° Se mettre à jour dans ses vaccins

° Faire un frottis une fois tous les 3 ans à partir de 25 ans (et non pas une fois tous les ans dès 15 ans, SVP -_-)

 

Enfin, un petit tuyau pas déconnant pour celleux qui sont précaires : vous pouvez vous faire prescrire vos capotes directement par votre généraliste et aller les récupérer gratuitement en pharmacie.

 

De même, il est possible de se fournir en capotes / lubrifiant / autotests directement dans les centres de prévention, de dépistage ou les assos (coucou le planning familial).


#12 : Le sexe protégé, c’est peut-être plus safe mais c’est surtout plus chiant : FAUX

 

Qui n’a pas déjà entendu ou dit une de ces phrases : “j'aime pas la capote ça me fait débander”, “nan mais je vais pas te faire un cunni avec une digue dentaire, tu vas moins sentir ma langue”, “nan mais tu vas pas mettre un préservatif interne, j’ai pas envie de faire l’amour avec un sac plastique”.

 

Bon bon bon, les ami·es, comment vous dire ? Ce genre de formulation est tout droit hérité d’une culture où l’on considère que le sexe protégé est une entrave à la jouissance et à la fusion des corps des partenaires. Sauf qu’il s’agit surtout et avant tout d’idées reçues que l’on peut facilement mettre au tapis en prenant le temps d’explorer ensemble.

 

Par exemple, en introduisant du lubrifiant dans sa vie sexuelle, ce qui rend beaucoup plus agréable le rapport avec capotes (et réduit le risque qu’elles se déchirent au passage).

 

Ensuite, notez bien qu’il n’y a pas qu’une seule marque de capotes sur terre : si celles que vous utilisez ne vous conviennent pas, n’hésitez pas à en essayer d’autres. Parfois, il faut changer de taille, ou en choisir qui ne sont pas en latex. Parfois aussi, la découverte des préservatifs internes peut être une vraie révélation.